

par lionne le 20. déc, 2011 dans La Minute Culturelle




Voilà. C’était un extrait d’Iphigénie en Tauride, une pièce d’Euripide. Et encore, je vous l’ai fait courte, le dialogue est encore plus surréaliste en vérité.
Pour ceux qui ne comprennent pas bien : Iphigénie en Tauride raconte l’histoire de la fille d’Agamemnon, Iphigénie donc, qui, après un sacrifice raté sensé pouvoir permettre aux grecs d’aller faire leur guéguerre à Troie, se retrouve propulsée par une déesse dans un trou perdu. Non, je n’ai pas trop saisi le rapport moi non plus, sans doute ce que l’on appelait alors du fantastique, que sais-je. Bref, le roi local, qui se retrouve avec une bonne femme sortie de nul part, décide d’en faire la prêtresse de la déesse en question (de mémoire, il me semble qu’il s’agit d’Artémis). Sur ces entre-faits, retournons à la guerre de Troie, qui continue, elle, et va durer 10 ans, pas une semaine comme l’a dit Hollywood ; non, Brad Pitt n’est pas un gage de qualité. Et bien, comme c’est trop long à raconter dix ans, Homère lui-même ne l’ayant pas fait, voilà la guerre terminée, hop. Troie est mise à sac, tout le monde meurt joyeusement, les dames sont violées dans la bonne humeur par des hommes sortis d’un cheval et les enfants sont jetés par dessus les murailles. Tout cela est follement amusant mais là n’est pas le propos. Donc, revenons sur Agamemnon. Il embarque la petite Cassandre (si, si, celle qui avait lu le script et qui racontait la fin de la guerre, mais personne ne voulait la croire. Vous vous souvenez ?) et retourne chez lui. Manque de bol, les dieux sont pas contents et pour le punir il met près de huit ans à rejoindre sa terre natale. Ce qui n’est pas banal quand on envisage la distance qui sépare la Turquie de la Grèce, mais bon, passons.
Pendant ce temps, la bonne femme d’Agamemnon, Clytemnestre (qui était la soeur d’Hélène soit dit en passant, mais il paraît qu’elle n’était pas bien potable et franchement chiante, les sources sont unanimes, désolée ma grande), passait le temps entre les gros bras virils d’Egisthe. Et en voyant arriver sa nouvelle rivale Cassandre, elle est un peu colère. Du coup, avec son amant, elle décide de faire assassiner la belle et le mari avec, ce qui fait qu’Egisthe monte sur le trône et qu’Agamemnon aurait mieux fait de se perdre en mer plutôt que de retrouver sa grosse, enfin bref, les dieux sont vraiment cruels. Après ce coup d’Etat, la reine envoie ses enfants restants (Iphigénie étant portée disparue depuis l’enlèvement par la déesse cité plus haut), Oreste et Electre, se perdre dans la forêt en espérant qu’ils n’aient pas songé à semer des cailloux.
Mais bien plus tard, Oreste, devenu grand, décide de retourner au pays et de se venger. C’est le sujet de la pièce d’Euripide intitulée sobrement Oreste, parce qu’à l’époque, il faut bien l’avouer, les titres n’étaient pas très recherchés. Or donc, Oreste retrouve sa frangine par le plus grand des hasards (la Grèce c’est très petit et il n’y a qu’une dizaine d’habitants, d’ailleurs on se demande comment ces quelques clampins font pour emmerder tout le monde avec leur crise) et tous les deux complotent. Avec eux – et c’est important – se trouve le vieux pote d’Oreste, Pylade, qui est aussi son cousin (mais tous les personnages de la mythologie grecque font un peu partie de la même famille alors bon, c’est pas si incroyable que ça). Tous les trois vont aller casser la margoulette de la reine et d’Egisthe, le roi usurpateur. Manque de bol, tuer sa propre mère est semble-t-il considéré comme un crime et Oreste est condamné à l’exil par le peuple et à être poursuivit par des sortes de monstres (je ne me souviens plus très bien, pour ma défense j’ajouterai que je raconte cette histoire de tête et que je n’ai pas lu les bouquins depuis des années donc bon, merde hein.) par les dieux. On notera que c’est sa soeur Electre qui convainc le jeunot d’aller buter sa mère, alors qu’elle reste bien peinarde dans son coin, et qu’après ça elle ne remue pas beaucoup les fesses pour prendre ses responsabilités. Heureusement la justice existe: elle devra épouser Pylade, ordre d’Oreste. Pylade, le gars qui ne sert pas à grand chose sinon de faire valoir, mais ce n’est qu’un avis personnel. D’autres diront que la relation qu’il entretient avec Oreste est celle d’une amitié virile vibrante. Je suis un peu sceptique.
Tout est-il que pour se tirer de ce mauvais pas, Oreste doit accomplir une prophétie à la con qui l’emmène jusqu’en Tauride, avec Pylade donc, pour récupérer une statue de déesse-je-sais-plus-quoi, enfin bon. Manque de bol, quand ils arrivent là-bas, c’est pour se faire capturer par le roi local mentionné plus haut. La coutume du coin veut que tous les étrangers qui s’écrasent sur la plage finissent comme sacrifice à la déesse Artémis, ce qui, il faut bien l’avouer, n’aide pas à développer le tourisme. Oreste et Pylade sont donc amenés devant la prêtresse (Iphigénie donc, bravo pour ceux qui suivent) qui doit les charcuter et, suite à quelques interminables discours et plans foireux pour se tirer de là, - voilà la scène – se disputent pour savoir lequel des deux va bien pouvoir mourir.
Je ne raconte pas la fin, il n’y a pas de raison que je sois la seule à lire les oeuvres complètes d’Euripide, m’enfin on se doute qu’Iphigénie ne va pas couper la tête à claques de son frère, même si c’est tentant.
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Et puis c’est l’occasion de faire plaisir à mon public gay, il n’y a pas de raison que seules les lesbiennes se rincent l’oeil.
par lionne le 17. déc, 2011 dans BD, Vie de Quartier



Les trois premières planches d’une BD que je gribouille en attendant les partiels. J’ai d’autres pages sous le coude, mais elles ne seront sans doute pas colorisées par manque de temps.
par lionne le 11. déc, 2011 dans La Minute Culturelle


On leur crevait les yeux aussi, parfois, pour rigoler. Il y aurait beaucoup de choses à raconter sur le sujet, notamment le coup de force de l’empereur (et non l’impératrice) Irène, qui aveugla son fils Constantin IV et prit les rênes de l’Empire byzantin. Mais bon, on n’a pas toute la nuit.

Ou alors je parlerai des dessous peu sympathiques de Clovis, oui, je crois que je vais faire ça.
par lionne le 03. déc, 2011 dans Croquis



Juste comme ça, des croquis de la chanson « un bouquet d’fleur ».
Il y a longtemps j’attendais tranquillement le bus à Genève et en face, dans l’encadrement de la porte d’un immeuble, un homme d’une trentaine d’années, en costume noir, attendait, un bouquet de fleur à la main. Cela dura longtemps, il finit par s’écrouler sur le parvis et faire basculer sa tête dans ses mains, comme désespéré. Les pétales, puis les fleurs tombaient peu à peu sur le sol. Je ne l’ai pas vu partir, j’ai finalement pris mon bus.
Une anecdote qui m’a marqué, visuellement.
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